Lundi 21
Le voilà le printemps en ce matin brumeux.
Extirpé du temps que je suis, pour aujourd’hui, s’il vous plait.
Caché dans le recoin millénaire de Lyon.
Besoin d’être bercé par leur permanence, encore une fois.
Des ruines certes, maintenant chaotiques, mais dont les fondations sont encore là. les pierres vieillissent, l’ensemble voit se transformer la ville en contre bas.
Je veux me glisser en elles, m’inscrire pour un jour dans leur temps, leur hauteur.
Quels sont les faits, j’ai quelques jours d’avance financièrement quand j’aurai reçu la caution restante de Bruxelles, le remboursement à 70 % des 110 Euros de dentiste, l’acompte d’accoutemps, entre 200 et 400 puis ensuite viendra la paie du 10 Avril.
Puis ensuite plus rien.
Aujourd’hui, 3 Euros en poche, - 90.16 sur le compte, étant limité à 100.
Donc sur le papier, le temps de chercher calmement une offre qui me plait réellement, les éoliennes au Creusot, forum réfugié à Lyon, gare de vaise et les toits solaires. Bien entendu, candidater à tous les CDI croisés.
Reste le logement. Je n’ai pas revu Pierre, le délai des 2 semaines annoncé est là. J’ai tâté le terrain auprès de Job, il faudrait que je tente de me rapprocher de Maxime pour savoir si je pourrais demander à Geneviève d’aller loger quelques semaines dans une de ses chambres inoccupées.
Demander à Pierre de rester aux Terreaux une ½ semaine voire encore une semaine, pour finir d’abuser.
Le ventre creux, l’air frais, une situation qui se répète, vaginale. Les yeux qui ont la lourde, le froid qui saisit les mains, pieds et poings liés.
Mais à l’horizon de Lyon, de ses toitures plates et élancées, de ses traits mal dessinés dans le léger brouillard, apparaît une lente lumière, une bande blanche et rose pale, mystérieusement lumineuse.
Un bout de clocher dépasse de l’ancienne façade extérieure, il est vert comme du jade usé, une petite aiguille ésotérique à sa pointe vient se placer dans une perspective agréable à un détail près, qui me démange.
Les contours de la tour de Crédit Lyonnais s’inscrivent juste derrière, presque dans l’axe.
Il faudrait que je bouge de 2 mètres et m’assoie dans la terre.
Or, je suis ici dans un contrefort des fondations, en son sein, le vent ne fait que passer.
Il me descend quand même sur la nuque de temps en temps, les feuilles sèches autour de moi sont aussi sensibles et tremblent mollement, éparses.
Une feuille isolée, change de côté dans un bond curieux, se déplace de quelques centimètres puis s’immobilise, l’absence de vent laissant passer en une seconde un rayon de douce chaleur.
Le parterre de feuilles réagit de manière tellement aléatoire et éparpillée que l’on peut aisément retrouver la source visuelle de ces froissements.
Je suis un peu blasé de prendre ce temps maussade aujourd’hui symbolique comme un lundi . Alors que ce n’est pas ça.
Hier, au bord du Rhône avec Job, le soleil et l’atmosphère était les plus agréables qui soient.
Je suis fait pour vivre au bord de l’eau disais-je.
S’extirper de la gluance
Une des murailles ressemble à un amas de coquillages.
Il y a 2 sapins méditerranéens à côté.
Ecrire est aussi dur que vivre, penser aussi facile que rêver.
Offrir des coffrets de nourriture et de boissons aux gens contre un création littéraire ou picturale au sein du Théâtre antique. Il y aurait forcément des débordements possibles mais que mêmes ceux qui viennent vraiment que pour grailler finissent par avoir envie de donner librement leur vision des lieux et des choses du monde.
Un système de surveillance, où on distribue la nourriture au compte goutte.
Ou alors, le coffret délivré au terme d’une visite semi forcée, d’une traversée de photos et autres choses qui se sont faites jusqu’à présent.
Problème de matériel aussi. Mais faire ça en prévoyant de le perdre. Sponsors.
Manger quelques gâteaux, puis trouver une ANPE équipée de bornes internet, pour gratuitement prendre des annonces.
Le soleil est maintenant au 2/3 de son zénith, caché mais puissant et rond derrière une marée de nuages.
Les oiseaux, depuis ce matin, n’ont cure, du vent et de la température.
1 heure plus tard, les lézards sortent au fur et à mesure que le soleil chauffe.
Je suis resté tellement immobile, à somnoler béatement, la peau chauffée, qu’un seul mouvement aurait surpris les 4 ou 5 lézards que j’imitais, gras ver de terre pataud, gras et heureux d’être chauffé, cherche à se mélanger avec fins animaux.*
Lézards qui habitent ici, gardiens du temple.
Je sais que ma prochaine copine aura à m’accueillir dans ses bras de longs et doux moments qui lui resteront inexpliqués.
Je sais que je tomberai amoureux de n’importe quelle fille avec qui je passerai 2 jours.
J’aurai rapidement des flashs de lucidité mais ma désespérance affective, mon besoin naturel de contact se fait sentir.
Job m’apaise beaucoup mais une présence féminine serait une fleur en plus.
Maintenant, la tour du Crédit Lyonnais resplendit en une face de sa pointe pyramidale.
Le clocher rapetisse, sa toiture montre sa vieillesse, arquée, en acier.
Ici, entre les pierres, on sait que l’hiver est passé, un de plus depuis les mille derniers…
Et puis, il y a ces jeunes pousses qui viennent au regard, après les étincelants débris de verre.
Des pousses, recourbées, rondes et têtues, ou entrouvertes, érotiques.
Bien sûr, plusieurs espèces.
J’emmerde le reste, je le salis et projette mes défections jusqu’à en faire un mur de séparation. AU moins et juste aujourd’hui.
J’irai cette après midi à l’ANPE. Pour l’heure, j’ai rendez-vous avec le soleil. Cela fait longtemps que je n’ai pas fais l’amour.
Venez phantasmes, debout sur vos navires, mon corps dans un pagne vous attend.
La douceur des cailloux, leurs rondeurs caressées par les siècles, je veux les sentir sur ma peau. Les mains d’une femme, mon rêve s’allonge comme du lierre.
Abstrait le phantasme, Spirituel, que mon âme accueille et que j’oublie courbes et chaude peau, mains qui m’appellent, m’enlacent et me retiennent.
Un corps près du mien, voilà ce que nous demandons. Jusque là, je me nourrirai de ce soleil et de ces pierres.
Retranché de la ville, loin de la gluance, pour aujourd’hui.
Pas d’apitoiement, nul gluance il y a .
Resto futur, explosion artistique, des couilles comme des melons, une maison dans le sud avec une terrasse, romarin, cigales, de l’eau pas loin, un agenda maîtrisé. De l’argent, du temps libre, de l’amour, des réalisations fédératrices et créatrices qui laisseront au monde une empreinte d’amour et d’évolution.
Ma sensibilité sera mon appareil photo, mon cerveau mon bras.
Je fume du shit, en mangeant des gaufres à la vanille et du chocolat pratiquement couché sur un parterre de galets dans une annexe du théâtre antique.
Un caillou dans les mains pour puiser du sens.
Une fois tout regroupé et tapé, après synthèse, faire traduire cette histoire malheureuse en début 2006.
Grands écarts et dérapages contrôlés sur un large faisceau.
Il y a la musique et la flûte, où je vois mes limites et les limites. Un travail de respiration, d’humilité.
Je suis somnolent mais je me travaille.
Il y aura des entretiens d’embauche. A nouveau la mise en scène et la totale sincérité aussi. Malgré moi. Le hasard, la rivière continue.
« que la route monte avec toi » citait Nua, ou que la route se dresse et s’élève sous tes pieds en suivant ton impulsion.
Bienvenu aux montagnes russes.
Je suis dans une situation rapide mais ne dois pas perdre de vue les rivages.
Et puis Nua, ne voudrais tu point me parler ? mettre n’importe quelle réalité à la place de cette absence. Tu brilles par ton absence.
Tu brilles sans doute parce qu’il n’y a pas beaucoup de lumière sur mon chemin du moment.
Le bruit du train au loin, le voyage continue.
Il est 12h . Après recalcul, j’ai 7 Euros, de quoi acheter pain et fromage et aller sur internet, un légume pour ce soir, des œufs.
16h, je suis de retour au théâtre Gallo-Romain.
J’ai bel et bien mangé du fromage et du pain. J’ai marché en tout quelque chose comme 3 heures.
A l’ANPE, les bornes ne marchaient pas, je suis resté 5 minutes puis reparti, impatient, à pied pour 1 heure, direction internet.
Nua ne m’a pas écrit. Direction Mac Donald prendre un hamburger, pour s’épancher.
Elle a bien raison, quelle raison aurait-elle de vouloir continuer d’avoir des contacts avec un fou ? elle doit remercie les dieux de s’être extirpée de ma mortifère compagnie.
Devant moi passe un jeune homme et une jeune anglophones, putain d’amour et de voyage.
Je suis dramatique comme un hamster.
Aujourd’hui, sans argent, avec ½ litre d’orangina et une gaufre perdue au fond d’un sachet plein de miettes.
Une micro boulette que j’ai envie de fumer tout de suite par vengeance.
Je sais qu’il faut faire le dos rond, après la pluie le soleil, le roseau plie mais ne casse pas.
Mais pourquoi Dieu je n’y arrive pas ? Pourquoi je me retrouve dans ce paysage de chaos, 2 ans après, au même point ?
Même si entre temps, mon CV s’est bonifié, où sont mes amis ? Qu’en est-il de ma vie sentimentale ?
Et je n’ose pas rentrer dormir, redoutant de voir Pierre.
Je n’oublie pas ma profession de foi pour l’espoir et la joie.
Mais précisément aujourd’hui, j’ai demandé à m’extraire du temps, mais qu’il est long jusqu’à 19 heures. Ou plutôt non, c’est à cette satanée impression de se remettre dans les mêmes situations, en boucle.
Revenir à Lyon était bien la meilleure chose à faire ?
Le charme de l’endroit fait à nouveau effet.
Un peu d’orangina et une cigarette.
Il est sûr que Nua prie les Dieux pour ne plus jamais me croiser, ni rencontrer quelqu’un de mon espèce. Comme elle doit apprécier tout contact humain depuis mes attaques à l’âme.
Je suis dépassé, mille fois dépassé.
Si elle me demande des nouvelles, ce sera comme à un malade, avec pitié. Elle doit prier pour mon âme et pour ne plus me croiser. Je me fais penser au type croisé plusieurs fois à la gare routière, qui me racontait au fil des jours, l’avancement de son dossier devant le tribunal pour harcèlement moral auprès d’un jeune de 15- 20 ans. Harcèlement moral, alors que demande lui avait été faite de ne plus s’approcher de cette personne. Il parlait de lui écrire une lettre, voulait le voir pour s’expliquer une dernière fois.
Je me fais aussi penser à un beau jeune homme, qui commence à être bronzé, compétent comme assistant comptable, même s’il est étrange qu’il en soit toujours là, à son age. Sympathique et poli.
Voilà, si je mets le côté exceptionnel de côté , je suis quand même à peu près potable !
Recommencer encore une fois, tenir le cap jusqu’à l’été. D’ici là, je n’aurai plus à puiser dans mes réserves de force dont le baromètre est les cernes que je sens, qui me piquent le bas des yeux.
Ce n’est pas la fatigue mais le shit, tout au plus la marche.
Je sais qu’il y a d’autres femmes, que les deux qui m’ont invité à manger et demandé les coordonnées sont fort sympathiques et susceptibles en 5 minutes de me rendre rieur et léger comme un nouveau né.
J’ai envie de rire. Pas comme ça, tout seul aujourd’hui, mais je sais que la vie est charmante. Je ne peux pas trop y toucher ces temps ci. C’est tout.
L’écriture est la télé du pauvre.
Oublier Nua. C’est franchement une énergie déployée et portée inutilement. Penser et se lacérer le cœur de doutes est bien la dernière chose à faire.
Reprendre une formation, oui à moyen terme, l’anglais aussi.
Le tout avec humilité, il faut tout de même que je tire les enseignements de ma dernière mission foirée comme aucune autre. Je ne me suis que modérément remis en question car mon mauvais positionnement dans le service a été possible par la négligence ou l’opacité de la boite d’intérim et de ma manager.
Il y a quand même des enseignements. Sur la capacité relationnelle et la capacité d’adaptation.
Ce sont mes points forts mais cette fois-ci, niet.
A Bruxelles, niet aussi sur le plan personnel.
Bon, bon.
Lyon, je te dominerai comme je te vois aujourd’hui de loin. Ou plutôt, tu seras souriante et heureuse de m’accueillir, je serai vivant dans ton tissu social. Je garderai les moments de connaissance que tu m’offres aujourd’hui. Inaccessible, les immeubles sont hauts et les voitures ne s’arrêtent pas.
J’ai honte de marcher avec un sac où il y a une flûte, un journal, des feuilles blanches, parce que les gens voient que je ne travaille pas.
Une commerçante m’a souhaité ce matin une bonne journée en souriant croyant m’accompagner amicalement dans une journée de congé.
Je commence à sentir le pauvre. Ma jolie veste, classique, porte sur elle des poussières comme autant de fissures sur une vitrine.
Aux pieds, mes chaussures ont un peu de cette poussière vagabonde ramassée par les glandeurs des berges du Rhône.
Je porte un sweet, vieux gris et usé comme un pyjama. Dédain symbolique des chemises. A quoi me serviraient elles aujourd’hui, je voulais m’extirper du temps.
Sur un plan personnel, une chemise ne me rend pas plus beau mais plus apte à donner le change professionnellement.
Psychologie à 2 cents.
J’aime toujours à imaginer l’océan derrière la colline.
La ville est dure, mais immobile vue d’ici. Qui transparaît comme un détail entre deux morceaux de muraille.
Une piste d’atterrissage pour jeune déboussolé. Grand sage au fond de lui, simplement un peu emporté par mes évènements, son cœur est grand et par les contraintes, véritable contorsionniste.
Ça y est, je vais mieux.
Il faut dire aussi que cette ville porte en elle de nombreux souvenirs. En même temps, je puise ici racines et lieux connus. En même temps, Ulysse et Nua s’entrechoquent, des flashs d’années complètement différentes et toutes révolues, se bousculent pour venir me déstabiliser.
Veulent-elles se venger ? J’ai aimé, j’ai, à ma manière, donné. Ne suis-je pas quitte avec ce passé sentimental ?
Je sais, je me répète, que toute mélancolie vient en premier lieu d’une absence de perspectives. Soit, n’en parlons plus.
Etre ici comme en pleine nature, au bord d’une rivière.
Objectif : à court terme, attendre l’argent, puis chercher des boulots sur internet, reformuler les lettres de motivation, appeler puis passer dans des boites d’intérim, modifier le discours, sincère, sympathique, compétent mais humble. Cravacher, cravacher. C’est ma personne qui fera tout ça, mon esprit l’accompagnera en souriant.
J’écris avec le stylo de la boite d’intérim.
A 20 mètres, une famille en ballade est interrompue par un appel pour Madame, de la part de son garage automobile qui annonce un problème important ou une addition salée.
Elle s’énerve graduellement.
Parmi les 3 jeunes enfants, l’aînée d’environ 14 ans s’assoit avec ses parents et essaie de partager gravement ce problème en imaginant elle aussi des moyens de pression sur le garagiste. Ses remarques sont tempérées par ses parents qui rebondissent néanmoins sur ces dernières idées.
Le mari calme le jeu, parle avec la plus jeune qui veut ramener un caillou dans sa poche.
Puis, ils parlent de l’état de leur compte en banque. L’aînée n’intervient plus. La femme est la plus nerveuse du couple, parle fort, calcule à voix haute mais semble savoir.
Le mari met des idées simples et des phrases courtes.
Apparemment la femme semble finalement être de l’avis de son époux mais conserve la maîtrise orale du problème.
Les deux plus jeunes ont installé leur terrain de jeux juste à côté, courant dans les passages comme autant de labyrinthes.
L’aînée revient dans la conversation, puis demande, pleine de nerf, combien ils avaient revendu la voiture à l’époque.
Silence de quelques secondes, la mère réfléchit puis avance un chiffre en continuant sa réflexion à voix haute.
Tout en débattant ainsi, la famille se remet en marche, les deux plus jeunes déplacent leur terrain de jeux.
J’entends de loin la femme s’exclamer : « un tiroir caisse ! »
Au moins il est agréable de se sortir la tête du nombril.
Je ne demande tout compte fait, que ça.
Jeune homme, grande propension au bonheur cherche épanouissement serein dans bras accueillants. Jeune homme, en une énième métamorphose cherche socle pour amarrer ; cherche fille pour partager présent perdition, l’amour comme moteur.
Ce serait un peu dans ces conditions que je pourrais rencontrer quelqu’un, comme lorsque j’ai rencontré Ulysse. 2 mois plus tard, nous serions ensemble.
Mais ce serait dans un état d’esprit presque identique.
Il faudrait autant de lents contacts humains avant tout soupçon amoureux.
Même si dans nos yeux, nous nous sommes aimés la première fois que nous nous sommes vus.
Cette première journée à Lyon où nous avions marché pendant près de 5 heures, de Bellecour à Fourvières, au parc de la tête d’or, à la croix rousse.
Il y avait dans cette histoire avec Ulysse beaucoup de complicité qui permettait en un temps, une exquise attirance. Avec Nua, c’était plus passionné, instinctif, primaire. Basée sur une entente d’âme, au cours d’un voyage vieux de 4 ans au Maroc.
Je pensais notre histoire possible car nous nous étions appréciés dans la fatigue, la poussière, l’inconfort, la faim.
Ceci est vrai. Mais nous avions tous deux été charmants car dans un contexte d’ouverture exceptionnel, et zen avec l’aide de médicaments et de shit.
Si j’avais fait cette analyse il y a 4 mois, il y a 3 ans et demi….
Qu’est ce que j’ai fait ? Mon Dieu, quitter copine et travail pour une fille et un feeling qui n’était somme toute qu’une très mauvaises analyse.
Voilà le résultat aujourd’hui, retour 2 ans en arrière. Et le stock de forces qui recommence à diminuer, jusqu’à la prochaine seconde euphorique.
Pas d’euphorie, je vois aujourd’hui toute l’étendue du lac de conneries que j’ai faites depuis quelques mois. Ceci arrive comme un écho tardif mais en amplification sonore.
La fleur au fusil. J’ai compris, je fais aujourd’hui vœux de stabilité.
Je ne me suis pas extirpé du temps pour rien. Je suis allé faire un tour dans les cycles longs pour m’en imprégner.
Je reprendrai la route, qui semble à une boucle. Je la reprendrai et rattraperai le niveau. La route est longue et dure. Mais encore une fois, me voici comme un sous neuf.
Cela m’apporte juste maturité et connaissance du monde. Je conserve rêves et envies. Cette force enfantine qui me fait zizaguer, reculer, jouer, casser, pleurer, taper du pied mais aussi cette naïveté dans la régénérescence.
Allez, allez, que les pages se tournent, que je commence par planifier mon retour dans la vie active. Un rot weiler ne lâche pas son os.
Pour le logement, je vais essayer de finir d’abuser en squattant une semaine de plus.
Je pense que Pierre aura pris contact avec Nua cette semaine. Qu’elle lui aura peut être dit quelle sorte de fou je pouvais être, alternant la plus vive haine affichée et claironnée et les demandes en mariage hors propos.
S’il me chassait, je le comprendrais complètement.
Ensuite, négocier pour pouvoir aller loger chez Geneviève. Demander platement à Maxime, lui parler sincèrement de mes problèmes, ça me fera du bien.
Une semaine que je n’ai pas pris ni demandé de nouvelles à Max. Encore plus longtemps auprès de Geneviève, depuis 1 mois, depuis qu’elle nous avait invités à manger chez elle.
Mardi 22
De l’argent est arrivé, un acompte de 500 Euros.Dieu merci.
Je n’ai rien fait, à part archiver quelques annonces sur ma boite mail.
Je suis allez chez le dentiste, 3e fois ce mois-ci, 200 Euros pour l’instant. Une bonne chose de faite. 2 plombages qui attendent et qui attendront une mutuelle.
J’ai répondu à mes parents par mail pour dire de ne pas s’inquiéter, que j’avais de l’argent, donc du temps pour trouver quelque chose qui me plait. Idem à Marine.
J’ai 15 jours. Commencer de travailler dans 15 jours , 3 semaines pour éviter un autre trou financier fin avril.
J’ai eu Pierre au téléphone, il n’est pas sur Lyon, on doit se voir à ma demande vendredi. Il m’a dit d’ors et déjà que je pouvais rester plus longtemps. Je lui ai dit que je cherchais à nouveau du boulot. Une bouteille à la mer pour Nua.
A qui je n’ose pas écrire. Je ne fais que penser à elle.
Une dépendance chimique du cerveau à la mélancolie. Je fais en sorte de ne voir personne, puis vient le vent sec de la tristesse sur ce sol asséché.
Parallèlement, je joue de la guitare comme jamais, ayant sans doute franchi un palier psychologique. Plus de confiance car moins de scrupules, moins d’égo, plus d’insouciance.
A la flûte aussi, de jouer en appartement me force à rester dans les notes graves, summum de la respiration.
J’ai racheté du shit et ai joué 3 heures de musique aujourd’hui.
Je n’écris plus pour me rattacher à une corde, mais parce que je veux accoucher… je sens que je suis plein, que ces phrases ne sont que spasmes et contractions.
Je veux trouver des mots comme de profonds sillons. L’intensité de certaines journées.
Voilà encore que je tourne mollement le dos au vrai challenge du moment. J’en ai marre de courir après le travail. Je suis carriériste par fréquence. Aujourd’hui, ça ne m’intéresse pas.
S’occuper d’un poisson rouge comme d’un empire, et d’un empire comme d’un poisson rouge.
Oui, bon pour le non stress.
Déshumanisation. Vous savez, en ce moment, j’ai un peu quitté ma vie, oui, quelques désagréments. Oh, je fais ce que j’ai à faire, puis le reste du temps, j’erre.
Je sais pourquoi je marche dans ces rues vides, sur ces bancs, entre ces immeubles, au dessus du Rhône et de la Saône, marron, vert, bleu, en colère, agité.
Nua, j’aurais besoin de savoir ta présence, ton soutien. Non pas parce que j’ai besoin de la présence de mes amis, ou de contact humain. Mais, à ce stade, notre souvenir ne sera jamais clos.
N’acceptant pas cet échec comme tel, je préfère voir une fin en suspens.
Je ne saurais pas forcément proposer quelque chose mais je sais pourquoi j’erre.
Ceci n’enlève pas ma détermination ni le programme « stabilité 2005 »
Stabilité professionnelle et explosion personnelle artistique. Telle sera cette année. Pour les sentiments, je laisse carte blanche.
Je suis partagé. La pensée de Nua modifie singulièrement ma vision des choses à un instant T, dans tout mon être et mon cœur, je sens que je tremble, mon corps est ouvert et soumis à ce rêve envolé.
Puis mon rythme cardiaque se calme, mes pieds redescendent en douceur et sur la pointe. Objectifs lyonnais.
Mais voilà où j’en suis, si j’entends du bruit dans l’escalier, comment ne pas croire que c’est toi ? Je ne sais pas où tu es et ni ce que tu penses.
Ou plutôt, je sais, tu me l’as tellement répété, j’ai tellement refusé de l’écouter, je ne parviens toujours pas à l’admettre aujourd’hui.
Mais, ne m’as-tu point appelé « chéri » à Bruxelles, était-ce seulement pour donner le change à tes amis présents ?
C’était sans doute affectueux et sincère. Une partie de toi m’aime encore mais l’autre qui tient les rênes, qui veille sur toi, celle qui s’est promis le bonheur suprême, celle-ci est triste pour moi.
Celle-ci m’a vu au fil des évènements m’enliser dans les sables mouvants du désamour. Tu as perdu ton idéal en peu de temps, pauvre Nua. Pauvre que je suis, toi, tu traces, n’admettant que le bonheur à ta table.
Si tu me reparlais par quelques moyens que ce soient, ce serait une source de noirceur dans ton environnement, un bocal fétide au sommet d’une étagère oubliée.
Je vais quand même envoyé un mail pour demander des nouvelles, je serai fixé.
Que les deuils sont longs par ici. Il y en a qui ont l’alcool mauvais, d’autres l’amour malheureux.
Je n’ai pas à me plaindre, si mes ex-collègues récemment rencontrées m’invitent à une soirée, j’irai tout excité. Je voudrais simplement que Nua me parle. Savoir ce qu’elle fait, où elle en est.
Je me fais vraiment penser au gars de la gare de bus, un monomaniaque obsessionnel. Le problème, c’est que je n’ai pas grand monde à qui demander conseil.
Morte tombe avec les proches, sauf Job. Cela suffit, je n’aime pas mon statut actuel. Je retournerai vers eux quand ça ira. Peu importe le temps, si c’est une traversée du désert, soit. J’en ai marre de me présenter à eux dans une situation de loose.
Pourquoi n’ai-je pas envie de faire pareil avec Nua ? D’autant que ce serait bien la dernière personne rassurée de me savoir dans une telle situation.
Pourtant, qu’est ce qu’il y a ? L’absence de stress, grâce au shit et à la musique. Aussi, et c’est le plus important, le fait de savoir que je peux retrouver du travail plus ou moins facilement et rapidement.
Puis tout le reste, la base est là. Stabilité 2005, ouverture et confirmation 2007, décollage 2009, voyage et monde 2012-2030, fleur 2030-2050, monde à partir de là.
Son silence a un sens.
Une partie de moi veut être seul et n’a pas envie de te revoir.
L’autre est toujours au Maroc, sous tes charmes premiers.
J’écoute en ce moment de la musique Berbère et ton évocation brille. Sache qu’une foule de références feront écho en moi, portant ton image, comme une offrande divine et douloureuse, arrivée des océans.
Non, il faut que je me raisonne, Stabilité 2005, avancer le pôle explosion artistique ou histoire d’une maturité flamboyante de quelques temps, histoire de combler cet espace, cette attente, ce besoin, cette illusion, ce rêve, cette douleur, ce possible inachevé, ce 100 fois fini, on a dansé sur les braises froides ; de combler l’espace laissé par ton nom.
Ou alors, ton nom restera, comme les énormes panneaux d’entrée des villes, des déserts et des royaumes. Voilà, tu seras en moi une ouverture, une partie du chemin sera réalisée en étant passée sous ta bannière, tu as ouvert un territoire. Voilà ce qui me lie à toi. Ce que je sais en plus, ce que j’ai appris, porte ta marque, ainsi tu m’accompagnes.
Ma trajectoire future sera influencée par la gravitation de notre croisement. Je t’emporterai en moi. Faisant fleurir ce que tu as posé de plus beau.
Ta volonté du bonheur, le besoin de voir la beauté, le besoin de bonheur, ta beauté.
J’écris parce que la clé est toute proche. Je suis à l’aube.
A 35- 40 ans être ministre ou pèlerin, ou auditeur indépendant, chef d’entreprise, artiste, en Ardèche ou à Sydney ou Samarcande.
Samarcande me plait.
Aller faire de la peinture de désert là-bas, avec l’étude du kaval, de la musique et de la poésie comme laisser passer.
Accessoirement, avoir un rôle de poids dans les décisions locales de l’ONU ou du gouvernement comme conseil. Histoire de se sentir utile. Puis 3 mois d’ascétisme spirituel.
Ca ou une vie en communauté dans le sud de la France, semi communauté, proximité, racine, culture, champs , vergers et ateliers. Une rivière pas loin.
Avec des voyages d’affaires de plusieurs mois de temps en temps, toujours comme conseil, audit. Déplacements internationaux, aisance locale. Du soleil, des repas dehors, des créations communes, art, nature et voyage d’affaire à Tokyo, New York, Sydney, Londres, Paris…
Ou mieux, richissime anonyme, artiste mondialement reconnu sous couvert de prête nom. Il essaime ainsi, incognito, œuvres et projets réunificateurs, voies vers des chemins illimités, vie en pèlerin à travers les mondes, libéré.
Ce sera comptable, après avoir bavé de la tête et du torse comme assistant pendant 5 ans, un appartement pas loin du métro. Les sorties du week end, les vacances annuelles.
Pas très bon nageur de l’ascension, une brasse lourde de petite mécanique.
Le pire serait que, dans cette même situation, je garde la même naïveté qu’aujourd’hui. Pour finir à 50 ans à exposer à l’amicale du quartier et à chanter dans une chorale. 15 ans d’ancienneté dans une boite, je suis charmant avec les stagiaires.
Si là, par contre, j’affiche encore sourires et joies alors c’est que je suis condamné à un bonheur simple.
Un bonheur fait d’acceptation, qui se nourrit dans le rêve.
Bonhomme en survet mange glace.
La version plus réaliste, moins sympathique serait que je devienne amer, aigre, absent, vivant par le moins, à force de rêver ainsi, et de me heurter comme un bélier.
Si je dépasse 50 ans, voyez comme j’ai vécu. Des sauts de puces dans une roue ou la volonté du mouvement.
Méandres harmonieux de la précipitation.
« Vous savez, j’étais jeune, c’était l’aube, les choses se sont faites petit à petit… » J’en tremble d’ici en 2005. Que l’instabilité sorte de mon périmètre, sinon gare à la médiocrité.
Ou alors, est-ce inscrit dans mes gênes, force et faiblesse qui feront que je serai bon en tout à un moment M, entre 40 et 60 ans, voire une sagesse exemplaire à 90 ans, bigre !
Que j’avancerai de 3 cases pour reculer de 2 encore longtemps, avant d’avancer librement.
Mercredi 23
Aujourd’hui, aller laver du linge. Se construire le rêve de Samarcande. Un chemin artistique et professionnel qui sera toujours en demi teinte, je resterai humainement attaché dans mes contradictions. Pieds et poings liés, médiocrité matérielle de petite barque.
Mais je voyagerais, roots et parviendrais à vivre plusieurs années chichement à Samarcande, comme un habitant lambda.
Je serais bronzé, les yeux bleus. Toujours pareil de l’intérieur, je le ferais moins transparaître, les rides absorberont les émotions, mais je serais sentimentalement égal, spirituellement avancé. Je serais alors allé dans une voie singulière et très personnelle.
Je sais qu’au contact de la nature ou de la simplicité des éléments, mon cœur trouve un morceau de lui-même.
Ecrire pour la postérité, sa postérité, mon miroir d’amour que je me fabrique du haut de mon isolement volontaire, voyez cet ascète, porté par sa force intérieure. Que voit-il en haut de sa tour ?
Non, simplicité d’accès, j’irai dans ce sens.
La régénérescence de l’envie, du désir, de l’espoir, l’étincelle. Un moteur à explosion qui ne nécessite pas d’essence, voilà ce que je suis, en avance sur mon temps.
Se construire Samarcande, le calme et la force du désert dans l’aube, là, aux portes de la ville. Dans cette ville, le respect particulier des éléments remplit chaque minute de pèlerinage intérieur, de soi à l’infini, impermanence et permanence, ne faire qu’ouvrir ses portes et ses pores.
Aujourd’hui, faire et envoyer des candidatures spontanées, dans l’entreprise d’éolienne et à Forum réfugié.
Revoir, reformuler les lettres de motivation.
Faire un large tour de tous les CDI proposés et des CDD.
Puis ayant un bon stock, aller dans les boites d’intérim directement pour ces offres.
Se masturber confortablement, boire du café, jouer de la flûte, déjà à Samarcande, et de la guitare, car d’ici là, il y aura des soirées entre potes ou des moments de contact où je pourrai retrouver un statut d’initiateur fêtard.
Rêve de gloire.
C’est aussi, plus modestement, un travail sur soi, franchir seul ses barrières psychologiques, en revenant chaque jour, comme un rouleau à pâtisserie.
Ceci garantit du désir, certes, mais aussi l’assurance d’être jusqu’au boutiste et de s’inscrire dans un cheminement personnel. Qui, forcément ne rentre pas dans le moule sociétal de l’évolution habituel d’un jeune travailleur dans le tissu social.
Nous nous croiserons à Samarcande Nua, tu viendras m’y retrouver et tu m’y trouveras.
J’ai encore la semi flemme de chercher du boulot aujourd’hui.
Pas encore prêt pour pouvoir convaincre mes interlocuteurs que le travail qu’ils proposent est tout ce que je recherche.
Nua, je sais que tu es sensible et constructive, que tu as toi aussi un goût amer dans la bouche. Que tu t’es construite depuis notre séparation, une route vers le bonheur, que tu as commencé de tracer bien avant moi. Tu as dû te délester de notre histoire dans une période de repos, face au soleil couchant ou levant. Tu as dû laisser quelque part ces sentiments tumultueux. Cette histoire étrange que l’on a créée.
Tu as dû laisser avec lassitude, amertume et résignation, puis tu as repris ta marche vers ce soleil qui te guide depuis que tu marches.
De la nostalgie par ici, toujours pas digérée.
C’est parce que je creuse mon esprit, en rase-mottes, je survole, à l’écoute, à l’affût de toute plainte ou bulle d’idée, sortant des gouffres et des mares, des arbres et des fleurs.
Je m’ballade avec une perche et une caméra dans mon pré carré. Alors forcément, je mâchonne les dernières herbes que j’ai tenté d’avaler. Et ça fait un bon moment, 2 mois que je suis sur le même mètre carré. J’attaque la terre et les cailloux.
Vache folle se rendant malade, mange terre et ver de terre, rote, s’assoit et sort rarement de sa cabane. Se lave les mains dans l’abreuvoir, au grand dam du troupeau.
JH cherche personne capable de poser des rails jusqu’à ses rêves, à faire sa toilette, à sortir sans épi dans la rue.
Bateau et personnel motivé cherche connaissance en lecture de cartes marines. S’entraîne dans une crique, est sorti 3 fois en moyenne mer, là ou le fond devient bleu foncé, prenant des photos et se saoulant au retour.
Ca me fait penser à cette balade sous-marine que l’on avait fait à Marseille ou à Orange, Toulon avec Ulysse.
Le grand bleu, des poissons, de toutes espèces, des troupeaux entiers, incroyables, sur les côtés, en dessous, on ne voyait pas le fond, juste que ça descendait.
Puis sous une bonne partie du port, pour le maintenir stable, des immenses tas de moules géométriques en béton, destinés à s’enchevêtrer et à rester comme tel.
L’olympe surréaliste, en débris majestueux et incompris, dans le désordre.
Avant ça, nous avions visité un village méridional, à flanc de montagnes, semi troglodyte, maisons et rues en pierres, passages intra muros, places et fontaines discrètes et abondantes. Idéal.
On avait acheté des fruits, on s’était couru après, en se cachant pour faire peur à l’autre, rigolant et faisant des bonds de chat joueur.
Puis assis face au sommet, face à l’étendue Magnifique , bus de l’eau et mangé des prunes savoureuses.
Ce n’est pas par nostalgie, c’est pour lui rendre hommage, les faire vivre.
C’est de l’acupuncture, regarder un point pour détourner les yeux d’un autre. C’est aussi pour commencer le délestage salvateur par le début.
Jeudi 22
Humilité, je peux pleurer devant l’amour qui est passé sous mon nez.
Je peux pleurer sincèrement d’avoir vécu plusieurs amours. Crier sur la colline du pardon, mes offrandes sous la pluie, s’il faut marcher, j’expierai.
Que je pleure ces amours perdus et me retrouve à ma place, dans la masse. Je ne suis ni meilleur, ni plus mauvais que les autres. Je n’ai rien d’exceptionnel, alors, humilité, la voix du salut.
Et je peux pleurer sur mon incompétence sentimentale, il ne me reste que ça. Je te quitte sourire fier, œil enjôleur, j’ai brûlé par trois fois l’amour exquis.
Comme une bougie que j’ai fait fondre en allumant des feux de joie à proximités, des feux comme des bonds de chien enragé.
Humilité, pour séducteur de pacotille, égo surdimensionné sabote histoire et rêve.
Ou plus sérieusement, je n’ai pas su mener ces barques.
Toutes étaient belles et magnifiques.
Je n’ai qu’à pleurer ces amours perdus, et vivre à nouveau en gardant en moi ces faiblesses. Pas d’insouciance ni de bonheur retrouvé. Un bonheur construit mais à jamais conscient de ces défaites, de ces sabotages.
L’amour fleuri m’a été offert par vous, Ulysse et Nua, j’ai enraillé vos cadeaux, vous ai laissé les bras tendus.
Que je boite à jamais ! j’ai tout à apprendre.
Mais par fierté, et parce que je vous respecte, je vous laisse tranquilles.
Que je n’essaie pas de maquiller le passé.
Combien de personnes comme elles pourrais-je à nouveau rencontrer ? c’était déjà 2 fois inespéré.
vendredi 25
Aujourd’hui, Oh mystère, il semblerait que mon cœur ait enfin fini d’attendre et qu’il soit prêt pour laisser entrer de l’air neuf.
J’ai à nouveau l’esprit joyeux. Même la perspective de l’intérim, des entretiens, tutti cuanti, est positive.
Je suis bizarrement neuf ce matin. Quels rêves ai-je fait ?
Sans se forcer, simplement en ressentant.
Un nouvel horizon. Je ne nie rien, et n’ai fais aucune table rase. Je suis conscient de ce que j’ai vécu, en suis un peu plus humain.
Le programme stabilité 2005 se mettra en place naturellement, à travers l’humilité et l’ouverture.
Voilà quels pourraient être mes 2 rails vers l’avenir. Humilité et ouverture.
Je me suis clairement pardonné. Pour le futur aucune certitude, je ferai ce que je pourrai.
Acceptation de soi, humilité et ouverture.
Je serai à nouveau séduit, et serai charmant, dans les faits et dans l’âme, le jour où il sera écrit que je serai prêt à connaître à nouveau l’amour.
A le connaître et à le vivre dans la durée.
Aujourd’hui, sens le nouveau, enfin. Je suis revenu à ma juste place, je peux ainsi reprendre mes bagages et continuer.
L’envie de découverte.
Voilà la clé de compréhension qui me manquait. Plutôt que d’être impatient de délivrer mon message au monde, d’imprégner sa marque, humilité et ouverture du long chemin, la découverte et l’apprentissage seront mes rails.
J’en serais plus rendu hermétiques par mes certitudes, j’aurai des rêves ouverts, affichés, humains. Seule la certitude d’avoir tout à apprendre.
Ceci était ma halte nécessaire, le bruit de mon rebond, les premières et nouvelles fondations.
Je suis à nouveau Un, cette fois dans la paix.
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