Mercredi 08
Premier soir chez Pierre. Un calme magnifique. Je lui ai demandé pour loger 2 semaines. Ce sera le délai court.
Après, soit prendre un appart, soit chez Job.
Il serait impossible d’aller à nouveau chez Max.
C’est incroyable, Max s’est fait voler sa vie par Pascal.
Ils projettent d’acheter une voiture, une 406, de la descendre au Cameroun. Pascal ne travaille pas, il habite chez Max depuis 5 mois, c’est devenu son appartement.
A force d’un martèlement de cerveau. Maxime ne s‘appartient plus.
Pascal n’a pas d’argent, se fait déposer en voiture, se fait payer des paquets de cigarettes.
Et jour après jour a fait disparaître Maxime.
Tout à l’heure, c’est Pascal qui a refermé la porte derrière moi. On s’était, en début d’après midi, sévèrement engueulé. Moi lui demandant de me rendre les vingt euros que je lui avais prêtés. Lui me faisant la morale pour tout les micros poils de poussière que je laissais derrière moi, argumentant comme un enfoiré, volontairement agressif.
Il se sentait menacé. Le fait que je vienne squatter chez Max a fait revenir sur terre l’idée même que Pascal squattait aussi. Chose qu’il s’est efforcé de d’effacer de l’esprit de Maxime.
Par sécurité, il a développé une réelle emprise.
Le Cameroun étant le phare, Maxime est en position d’écoute devant le philosophe.
Il glande depuis 4 mois au frais de la princesse, vie comme un roi et est un manipulateur très négatif !
Il a été extrêmement effrayant avec moi.
Je l’ai traité de voleur pour mes 20 Euros.
Maxime est tellement possédé qu’il n’a eu aucune réaction quand Pascal m’a viré de chez lui.
Bon assez parler d’eux pour ce soir. En parler à Maxime F pour avoir son avis.
Demain : appeler Marine et Alain pour aller leur emprunter 20 ou 30 Euros, je ne sais pas si c’est opportun.
J’en ai plus que réellement besoin, il me reste 3 Euros en poche et l’acompte doit être sur mon compte Vendredi.
Les pâtes et le riz que j’ai achetés sont inutilisables, ne sachant pas faire marcher le four à gaz.
Le week end passé, j’ai donné 20 Euros à Job pour du shit !! hasard des chiffres.
Toujours les mêmes galères depuis 5 ans.
Mais l’espoir d’un CDI. Il y a toujours eu l’espoir.
Seulement l’espoir. Une demi marche de grimpée à chaque fois.
Ce qui est probable pour l’entreprise, c’est qu’ils me proposent un CDD, voir un prolongement en intérim.
J’aurais une fois de plus chanter trop tôt.
A part ça, le fond de l’heure est plutôt heureux. Le boulot est franchement stimulant. Et si ça continue à se passer comme maintenant, disons que mon intégration progresse et que je comprenne petit à petit le poste, que je prenne mes marques….Bref, si temps m’est donné.
Ce serait une cruelle désillusion qu’ils m’arrêtent.
Je pense qu’ils vont me prolonger. Il faut simplement que je me prépare à ce que ce soit de l’intérim.
Objectif: au cours des 2 semaines qui viennent, arriver à faire accepter l’idée qu’Arianne et moi soyons chargés de mettre à plat les procédures.
Argumenter que ce serait un bon moyen pour nous de mieux comprendre le fonctionnement du service.
Liste des choses à acheter : serviette de bains, pellicules photos et faire développer les autres, de la peinture, un chevalet, du gel douche, du shampoing, un coupe ongle, du parfum, un pantalon, je n’en ai que 2, un PC, internet, téléphone, télé, voiture.
Nouvel équipement pour le prochain appartement.
Nua est à Rome. Pas de nouvelles depuis Vendredi.
Je pense que les choses vont très vite s’éloigner et perdre en intensité.
Elles doivent même être très loin pour elle.
Et je me retrouve à squatter chez un de ses amis.
Défi des jours prochains : argent, tenir 3 jours avec 3 Euros ou emprunter.
Jeudi 9
Pas de nouvelles de Nua. Je dois bien admettre que je rêve parfois de la retrouver dans cet appart la semaine prochaine.
Elle est pour l’instant à Rome.
Parfois ça, parfois complètement libéré, Lyon est une ville magnifique. Le boulot s’annonce magnifiquement bien.
Mon intégration se passe de mieux en mieux.
Il faut dire que nous ‘le service’ sommes dans l’urgence, et débordés par le boulot. J’ai fini à 19h aujourd’hui, heureux.
J’ai pu faire des courses et acheter du tabac hier en forçant un peu la main à un tenancier de commerce. Tout est loin derrière, même Maxime, Pascal et leur drôle d’histoire.
Je ne me suis pas perdu depuis mon retour.
Même beaucoup retrouvé.
Mais Nua, je ne sais plus quoi penser. Mon cœur, lui, sait qu’une place sera vide, ou plutôt sera tienne.
Avec ce souvenir, et toujours je pense, l’envie de te retrouver par la pensée où que tu sois, outre le décalage horaire.
Que nous souhaiter, de vivre très heureux l’un et l’autre, puis de se retrouver, ou de rester en contact. De se présenter plus tard la petite famille que l’on aura engendrée chacun dans notre sillon fleuri.
Rire avec bonheur et amour de la frimousse ou des traits de déjà mauvais caractère de nos bambins respectifs.
Ou sinon, que tu viennes habiter ici pendant 1 mois avant d’être mutée dans un pays lointain, dans le magnifique voyage dans le monde, végétal et humain, au vent frais qui maintient les ailes des oiseaux et des anges, peut être des singes aussi.
Que tu viennes et acceptes de m’épouser.
Entre temps, signer un CDI. Tout de suite, c’est moins rose et bleu.
En même temps, les sentiments sont si forts et mon cœur en telle convalescence que la question de savoir si je suis prêt à te revoir se pose.
Non, elle ne se pose pas, je sais ce que ton visage m’inspire, le charme naturel qui arrive comme des vagues, ondulantes.
Ne penser qu’au travail est plus pratique.
Vendredi 10
Garder la tête fraîche,
Aux rythmes des saisons
Amarré au temps
Le soleil et le vent
Se promènent
Dynamiques
La même ligne droite
Tracée en connexion
L’aspiration s’entraîne
Dans le ciel et le vent
Et s’emmène
La force molle et béate
Guide la raison, vit et rebondit
Mélange et assemble
Emporte et traverse
Le temps et l’océan
Je rêve : Dominique prenant ma défense auprès de Marie Pierre et Catherine : « il faut arrêter maintenant, vous êtes les seules à ne pas voir qu’il fait un super boulot, vous avez un train de retard, et puis pareil pour Arianne, on n’exploite pas 1/10 de sa capacité, faut arrêter de les brider, ou vous allez vous griller, soyez coopératives et constructives. »
La solitude est une scène qui se répète vaginalement.
Solitude volontaire, infligée et en même temps immense confort.
Etre constructif dans ce service achat.
MC et S doivent partager leur bébé, ou au moins s’adapter. Il y a autant de changement pour elles que pour moi.
A terme, installer des systèmes de mesure de délai de réalisation, de volume.
Si l’entreprise est amenée à se développer, il est important de connaître le temps pris par chaque action.
Pour les procédures, constituer le manuel d’utilisation pour que n’importe quelle autre personne d’un autre service puisse travailler efficacement.
Otto Maroc, Otto UK, Otto Deutschland, Otto Belgium, Otto Italia….
Dimanche 13
La complaisance envers soi même est un frein nécessaire.
Les gens organiques en sont séduisants. On se fixe ses propres limites. En musique, l’activité musculaire dont le but est de laisser les muscles et le corps s’exprimer, les doigts jouent entre eux, espiègles et frères.
Mais limite auditive, sociale, personnelle.
Lundi 14
Aujourd’hui Attente.
L’intérim se termine du 14 au 24, je saurais si je suis prolongé et verrai ce qu’ils proposent.
Pas de nouvelles de Nua. Serait-elle avec Pierre, qui a laissé un mot pour dire qu’il partait cette semaine faire ses travaux dans la maison de campagne de Christophe ?
J’espère.
Soit ça, et elle veut alors un moment pour souffler, pour parler au psy qu’est Pierre,
soit autre raison pour qu’elle n’ait pas répondu à mon dernier mail du 4,
Depuis, elle a dû avoir sa semaine à Rome, qui devait finir hier.
Même, qu’elle n’ait pas répondu ou écrit cette semaine peut dire :
- elle n’a pas le temps, pas envie, complètement oublié, d’ailleurs le présent est si rose, que le passé dans son ensemble paraît fade. Pourquoi m’écrirait elle ? à un fantôme.
- elle est en pleine réflexion vis à vis de moi. Elle éprouve encore des sentiments pour moi.
- elle attend que je signe un CDI pour venir se jeter dans mes bras, acceptant mes demandes en mariage.
- elle est déjà partie pour son boulot.
Aujourd’hui dentiste, 2 ans que je n’y étais pas allé, 97 Euros. Ce matin j’ai acheté un pantalon et un pull, 80 Euros.
Ce week end, grandes courses de légumes, fruits shampoing, gel douche, serviettes de bains, coupe ongle, pour 30 ou 40 Euros.
J’avais touché plus de 400 euros, avec 100 de découvert.
Un autre acompte doit arriver jeudi.
Un autre rendez vous chez le dentiste mardi prochain.
J’espère qu’elle est avec Pierre.
Et pour le boulot, à la première occasion, Dominique dispo et l’équipe présente, proposer qu’Arianne et moi fassions les procédures, circuits, procédures d’archivage, n° de compte analytiques….
Un peu plus parlé, salué tous les gens.
Mardi 15
Demain, réponse quant à la suite Otto. Vraisemblablement prolongé mais non un CDI….
Je guette les signes dans les regards, intonations, paroles.
D’un côté, Dominique m’associe à la mise en place du service, de l’autre, elle évoquait la possibilité avec Catherine que la répartition des pôles change. Notamment que Process vienne dans le giron de Catherine….
J’ai des doutes et suis plutôt pessimiste.
Nua m’a envoyé un laconique mail ou elle dit que l’argent de la caution est débloqué, et si je peux lui envoyer mon n° de compte ( elle l’avait déjà). Elle dit que sa semaine à Rome s’est très très bien passée, qu’elle a adoré. Qu’elle espère que j’ai la patate. 5 phrases en finissant par « bises » et en signant en inversant les lettres de son prénom. Et ce depuis quelques mails. Nouvelle ère ou nouvelle personne. Ne veut-elle plus s’adresser à moi avec son réel prénom. Pour ne plus s’impliquer dans aucune sorte d’échange ?
Je lui ai répondu tout aussi sobrement, en disant toutefois que j’étais chez Pierre depuis 1 semaine, « quel luxe et quel calme ! » sans prendre de nouvelles, sans affection.
Il faut absolument que mon cœur guérisse et l’oublie.
S’il vous plait, Oh Dieux, aidez mon cœur.
Je sais qu’il faut que je vois plus de monde, je fais la morte tombe jusqu’à pouvoir donner des nouvelles stables style je viens d’accepter un CDI.
De toute manière, il faut que je reprenne contact avec les autres.
Ecrire plutôt que vivre. Ecrire pour se libérer. Je libère, ce cahier pèse une tonne, et la poussière se pose sans hésitation aucune.
Les terrasses des bars sont à nouveau ouvertes, le printemps est proclamé.
Pourquoi ce fol espoir ? ne puis-je pas dire à mon cœur d’arrêter de souffrir, de s’essouffler pour rien, de lancer un boomerang de douleur.
La tristesse n’est que de l’égocentrisme, de l’absence de visions, de rêves, de désirs, de phantasmes.
Ce matin, en parlant avec Céline, une collègue avec qui j’ai échangé la palabre sur le chemin du boulot, me demandait si j’étais pas avec ma copine. Je lui avais brièvement parlé de mon expérience Bruxelloise, parti par amour, rentré par amour. Je me suis entendu dire : « ma copine, je ne sais pas où elle est, elle va peut être partir au Darfour. »
Tic de langage, lapsus rêveur, mon cœur refuse la réalité, il ne s’adapte pas aussi vite que la situation.
Tout comme Nua, m’appelant par inadvertance « chéri » lors de mon aller retour à Bruxelles pour chercher la voiture.
Je rêvais, après avoir composé une chanson, de la chanter devant Pierre et Christophe, séduits, et Nua amourachée à nouveau.
Ridicule, ridicule, pourquoi se martyriser, se tatouer au fer rouge.
Absences de perspectives.
S’accrocher au boulot, s’ils me proposent un renouvellement de 15 jours le temps de me retourner ?
Retour sur terre sentimental nécessaire, se laisser le temps, mais absolument empêcher, pour mon bien, qu’un espoir ou un amour ne demeure ou ne puisse se développer.
Se travailler avec la raison. Raison, rigueur, optimisme, dynamisme, joie, découverte, tranquillité, soleil, rire, douceur, mon cœur guérira. Je ne dois pas attendre de remplacer Nua par une autre.
Le tour de force du coup de foudre.
Mercredi 16
Otto ne me garde pas. Je termine vendredi !
Changement de plan dans l’organisation et je suis jugé incompatible avec Marie Pierre.
Je paie ma mauvaise approche de la 1ère semaine.
A moi, les joies de la recherche. Sans téléphone, etc. …
Le monde est grand.
Je n’ai été triste qu’une ½ heure, le temps d’avaler la pilule.
La stabilité est repoussée…adieu, veau, vache, cochon.
Dans l’immédiat, dans le prochain mois, celui d’après, voire….
Je galère avec n G géant depuis septembre 2004, soit 6 mois.
Depuis que j’ai quitté Berleck.
Je ne regrette ni d’avoir quitté Ulysse (encore que) ni d’avoir tenté l’impossible avec Nua, mais professionnellement, quelle erreur !!!
En tout cas, pour l’instant, cet instant T
Humour, amour légèreté.
Je dois aimer ce genre de libération, de non possession, d’extrême précarité.
Cela dure depuis 5 ans, depuis 10 ans, 20 ans, 25.
Je suis né en colère, après avoir failli m’étrangler avec le cordon ombilical.
Déjà, le sens de la mise en scène et en pratique de la dramaturgie de l’impermanence.
Libre comme l’air
Le souffle, les doigts, le rythme, les changements.
En musique, la technique est un palliatif à l’inspiration.
Ecrire comme on dessine.
Se prendre au mot. S’autolivrer puis analyses et résultats, d’objectifs.
Ecrire au lieux de vivre
On se fige devant le résultat qui coule sous nos pieds. Difficulté de créer, d’aller en territoire inconnu.
Passer outre l’ouie, pour se concentrer, ou plutôt laisser aller les doigts à leur propres envies. L’inspiration musculaire vient des sentiments.
Jeudi 17
Quand on parle de masturbation intellectuelle, la jouissance est elle une idée ?
On jouit dans le territoire zen ou bien ?
Que chacun écrive sa bible, ses rêves pour le monde, vertes prairies, moelles épinières qui s’émoustillent et créent l’océan.
La fumée d’encens monte en ligne, envahit tout l’espace en désordre, happée par le vide, puis trouve sa respiration.
La fumée vit, comme un mèche qui se consume, suffoque en ronds parfaits.
Puis redevient droite et longue, nouvelle érection flamboyante .
Mais plus fine, plus majestueuse.
La fumée, tête de dragon, réapparaît près du projecteur et là, dessine de lentes galaxies.
Une cheminée poétique, monte comme un tournevis, comme un poulpe, en ver de terre, en point d’interrogation
Mille dragons et mille esprits sont appelés puis rejetés dans l’air
Ou comme des tapis que l’on enroule à la hâte
Ou alors monte et s’éparpille, informe et indécise
Ou s’effile jusqu’à la démesure, puis rompt, et s’envole comme un feux d’artifice au ralenti.
Ou laisse les mêmes traces qu’un serpent dans le sable.
La fumée, jusqu’à une certaine hauteur est Une.
La même force se désagrège, se répète et évolue, à un rythme saccadé.
La fumée se casse, et retombe par vagues sur la rivière ascendante
Un spectacle pyrotechnique.
Que la musique soit le chemin de l’abandon de soi
se dépasser, surpasser, transcender
S’accompagner
Ulysse doit être à Marseille actuellement. Pas loin du vieux port, vivant avec Alban.
Que j’ai été dur avec elle, au fond si gentille.
Pas seulement au fond, prompte à être guillerette. Le respect, des attentes bien sûr, mais elle était patiente et capable de pardonner.
Quand je suis allé la voir en hâte à Bordeaux en Septembre dernier pour lui dire physiquement que j’avais couché avec Nua, elle m’a accueilli, bouleversée, me prenant dans ses bras, m’embrassant affectueusement, en disant qu’elle avait eu tort, qu’elle avait compris beaucoup de choses.
Elle doit aujourd’hui avoir honte de ce moment d’abandon mais c’est là à posteriori que je vois l’étendu de son amour, qui n’est maintenant qu’un reflet lointain, entouré de verdure. Ca n’enlève pas le fait que l’on était peut être pas programmé pour être ensemble. En tout cas, je ne devais certainement pas être prêt à être avec quelqu’un.
Même si le chemin que l’on a parcouru dans la période où nous étions ensemble est quasi remarquable.
Elle sentait que son travail n’avançait pas et ne la passionnait pas.
Moi idem.
Nous nous sommes tout deux recyclés avec succès. Elle dans la culture, moi dans la comptabilité.
Avant de partir subitement en septembre à Bruxelles avec Nua.
Puis de me retrouver ici, ce 18 Mars, dans un appartement qui n’est pas le mien, m’étant fait éjecter d’une place merdique dans une entreprise en or. A la rue. Intérim, la galère comme il y a 5 ans., la précarité.
Dans la cité, à première vue, la nature se sucide et se mutile mais en réalité, elle s’adapte à son danger et se prépare à répondre en coupant les vivres. La politique de la terre brûlée. Alors qu’elle serait prête à nous baigner dans un océan de sagesse.
Se balader enfin dans de grands horizons, à perte de vue et perte de mémoire, en tout cas perte de tout ce qui nous alourdit.
S’extirper, traverser la réalité, une statue efficace, pour aller directement dans les grandes étendues.
Un silence.
Dimanche 20
A la veille du printemps.
Je cherche l’extra lucidité sur moi-même, sévère et constructive.
Et à m’auto-alimenter de mes rêves, pour ne pas les perdre de vue. Qu’ils constituent la source de ma force.
L’espoir est sacré.
J’ai toujours le fol espoir, la flamme olympique. Et parallèlement, une bonne dose d’auto-destruction concrète.
J’ai l’impression de vivre à pleine narine la réalité. Une sorte de mano à mano. Je ne lui en veux pas pour tous ces coups durs, car elle m’offre chaque jour l’aube.
Je rêve d’une bonne situation financière et géographique :
- en harmonie avec la nature
- musique, dessin, sculpture, peinture, photo, film, livre… artiste reconnu mondialement à 35 ans, anonyme mais prophète.
- explosion ascendante professionnelle. Délesté du cortège de freins et de difformités comportementales, j’exprime entre 25 et 30 ans ma pleine puissance professionnelle soit directement dans l’éolien soit dans le commerce.
- repasse humblement et brillamment moult formations diplomantes menant au contrôle de gestion et à l’audit.
- voyage et me libère spirituellement, captant, cristallisant toute la beauté, force et sagesse des millions d’années traversées par la terre cosmique.
- Zen et puissant
- Zen et puissant
Mon corps et moi-même n’avons que faire de la situation et des difficultés présentes. Nous les traverserons insubmersibles. Rien n’entache l’amour.
Je vais me nourrir de la solitude actuelle. Seul, je me concentre à établir un pont avec moi-même et par là, être en liaison avec l’infini.
Le stress se glisse entre nous et nous-même, nous englue à terre et empêche notre esprit de se baigner dans le bonheur ambiant, disais-je il y a 3 ans, imbibé de cannabis et de méditation.
Je le prie aujourd’hui, leitmotiv et mantra.
Je me nourrirai du soleil. Ne regardant que les sommets. C’est à ma personne qu’arrive ces désagréments. Mon esprit est intact. Il est au courant certes, mais il a sa part de travail. Il est chargé d’amener dans le corps, bien être, confiance et amour.
Obstiné, insubmersible.
Parallèlement, tiré les enseignements qui me parviennent comme des échos de plomb.
Humilité présente et future.
Je ne serai prophète que quand je serai libéré de mon égo, transparent.
J’ai cette capacité, à se nourrir, à révéler une spiritualité, une foi, au moins une vision qui se détache un tantinet du matérialisme. Un mélange de reste de catholicisme, de tao compris au 1/10, d’amour de la nature, de curiosité scientifique, d’une ouverture forcée, d’un oubli de soi, qui malheureusement aujourd’hui passe par une destruction volontaire.
Mais je serai pleinement ceci quand j’aurai réellement fait le chemin de l’humilité et de l’apprentissage, affirmation de soi dans le bonheur.
Je suis d’une nature exponentielle, aujourd’hui syncopée. Les ratés de la mise en place ; les pièces s’assemblent en produisant des étincelles sonores.
Mais il est inscrit dans le progrès naturel, que je serai à un instant T Un, avant de pouvoir libérer des faisceaux comme un prisme. Une symétrie axiale.
Tous mes pt’tits gars que j’ai envoyés dans des recherches différentes, artistiques et professionnelles et humaines, s’offriront un banquet de mariage printanier, plein de sève festive.
Ils sont présents aujourd’hui. Parlent dans le désordre mais ont diplomatiquement désigné un porte-parole, un porte-plume, un scribe, un secrétaire, un dactylographe.
Ils viennent à vous, dans leur nudité, c’est-à-dire la réalité présente des faits.
Soyez les témoins de mes contradictions, mais aussi les témoins qui auront vu les prémisses, les germes, de la libération, de la plénitude.
Qu’est ce qu’il reste au fond, il reste l’Amour et l’espoir.
L’espoir de trouver Dieu, et d’être un miroir du soleil.
Voyez comme je suis bon, croulant sous des falaises, la lumière me parvient.
Pèlerin, ascète, je porte le flambeau de l’amour.
En réalité, je suis obligé de me flageller de précarité, héros malheureux et incompris. Il voulait vous sauver.
Beaucoup plus égoïste que ça.
Un rêveur allongé qui fixe le plafond. Un bégayeur qui a peur des femmes et des hommes.
Roi divin d’un royaume intérieur en circuit fermé.
Je tourne fièrement le dos au monde, provocation, joueuse, quitte ou double.
Qui m’aime me suive, dis-je à la réalité. Sur une île.
Je fais un pas vers toi, mais n’irai pas plus loin. Je ne vais tout de même pas me renier.
La réalité ne m’écoute pas et a même des réponses cinglantes.
Je baisse le yeux, essaye de la jouer finement, la queue entre les jambes. Le chien finit par implorer son os.
Il sortira de la niche, la gueule haute, l’œil alerte, quand la pluie sera finie.
Et retournera gober des papillons en bavant, l’œil absent.
Jusqu’au jour où je m’assemblerai définitivement.
Remarquable ouverture sur le monde.
Cela fait 1 mois et demi que je suis revenu de Bruxelles, 2 ans que j’ai commencé à travailler dans la comptabilité, 7 mois que j’ai quitté Ulysse, 2 ans et demi que mon histoire avec Karen est finie, 6 ans que j’ai eu mon diplôme de gestion, 25 ans que je vis.
Depuis 2 mois, chaque jour est une année.
Comme tout ceci est loin, comme Bruxelles n’est aujourd’hui qu’une mauvaise parenthèse entourée de points d’exclamation.
J’aurais besoin aujourd’hui d’avoir un lien amical avec Karen, Ulysse et Nua.
Je sais que je l’ai avec Ulysse. Dans sa très grande gentillesse et grandeur d’âme.
Mais avec Nua, une semaine de silence me pèse. Je ne sais pas où elle est, ce qu’elle va faire. C’est une maie. J’aurais aujourd’hui simplement besoin de contact amical. Que l’on soit en bon termes, comme de vieux amis.
Que j’aie ce retour positif. Je suis presque cicatrisé. Il faudrait juste que l’on se parle gentiment et je pourrais définitivement clore ce chapitre. Voire même en sourire.
Je sais qu’avec Ulysse, nous rigolerions rapidement et beaucoup de nos souvenirs communs.
J’aurais envie de lui écrire, de la voir, mais je n’ose pas la déranger.
Idem pour Nua. Je veux juste aujourd’hui des contacts doux. Avec tout le monde, pour solde de tout compte. Ensuite faire fleurir l’amour.
Le silence de Nua me pèse car il invite le doute. Non pas qu’elle veuille ou non revenir vers moi ; mais qu’elle me considère comme un vieil ami plutôt que comme un ennemi, ou comme un fantôme.
Nous sommes de vieux amis, je suis son vieil ami.
Comme une maison tranquille où elle serait toujours la bienvenue. Je dis ça aujourd’hui, zen et seul, après avoir été pas loin un monstre persécuteur en certaines occasions.
Je sais qu’elle a tellement la volonté du bonheur, que j’ai été rayé de la carte. A juste titre, mais maintenant que tout ceci est loin derrière nous, un lointain brouillard, il reste deux êtres humains qui ont besoin de savoir qu’ils ne sont pas mauvais.
Pauvre petit être sensible que je suis, une vraie crème qui pleure de compassion pour ses semblables, qui diffuse tranquillité et amour.
Je squatte chez Pierre, un de ses réels vieux amis, à qui je n’ai pas donné de nouvelles cette semaine.
Avec qui j’ai plutôt été dur, pointant du doigt, involontairement, les travers de sa situation.
Le voir avant de partir, faire de la musique avec lui, rigoler comme je pourrais le faire avec toute personne sympathique.
Je ne suis décidément qu’amour ces jours ci.
Amour dans les paroles, morte tombe dans les faits.
Cette après midi, je vais voir Job pour reprendre du shit et m’emplir de sa tranquillité, de sa foi en Dieu.
Oh Dieu, voyez comme je vous aime, comme je désire m’amender.
Accueillez-moi, juste une petite place entre la brindille et l’oiseau.
Je suis un agneau, aujourd’hui, neuf et naïf, Je vous aime.
Avec Ulysse,
- quand nous avons trouvé le tableau sous le bâtiment des beaux arts. Le portant jusqu’à mon appartement.
- J’avais en ce temps là des étagères en cageots.
- quand on est allé marcher le long de la Semène, faisant l’amour dans l’herbe.
la nuit à la belle étoile à Miribel
- les randonnées à Briançon, vallée de mousse, et celle dans les Alpes, où nous étions allés jusqu’au panneau de haute ou moyenne montagne en basket
- à la piscine, en août 2003, quand nous pouvions y aller gratuitement grâce au musée.
- A Genève, où nous étions allés jusqu’au jet d’eau au centre du lac, et devant le bâtiment de l’ONU
- A Toulouse, où nous louions des vélos et allions au resto tous les soirs.
- A Marseille, avec Nejma et Maxime
- Les films à l’institut italien à Lyon, au Méliès à St Etienne avant ça, les expos, les galeries, les musées.
La fois où à un vernissage du Musée d’art Moderne à St Etienne, nous avions fini saouls, par jouer au foot avec des personnes que l’on ne connaissait pas, complètement saouls, à tomber et à nous embrasser dans l’herbe.
Cette nuit passée dans le parc à côté du Méliès où nous roucoulions, où nous avions parler des heures.
Et ce premier soir où nous sommes allés boire un verre dans un pub après le Musée, de 19h à 23h. On ne pouvait plus se séparer.
On a vécu 1 an et demi dans 35 m2 où la chambre était aussi le salon.
Il y aura avec Nua, des souvenirs similaires qui apparaîtront. Deuil chronologique.
Cette nuit passée dans les bois, 2 jours de marche
La première visite à La Rochelle, on s’est offert la belle vie, tout en faisant chacun avec humour en vélo, notre tête de cochon pour être devant. Ou au moins en jouant dessus.
On a malgré tout toujours gardé des moments d’humour.
Et ces ballades dans St Etienne, les rues, les bâtiments, nous, toi.
Roman interactif, sur 4 caméras au bord d’un fleuve, le panorama décrit par plusieurs personnes forment plusieurs livres.
A lire entouré des images.
Une nouvelle de 3 pages, 3 avis extrêmes où transpire un excès de sentiment devant la beauté ou la laideur du lieu.
Construire des instruments géants, des sculptures réactives aux éléments, des instruments interactifs, des orchestres symphoniques naturels. Des harpes girouettes avec un contre poids aléatoire.
Des vases tambours communiquant, des orgues éoliennes, des éclairages nocturnes photovoltaïques.
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