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Comme le sable nous transporte, traverse, emmène
Comme le sable nous anime.
nous remplit d'un vent passager,
et passe à la suite
Toucher les bonheurs du doigt,
au bord de la sensiblerie,
se mettre dans le vent faste,
Une pierre au soleil
Des rêves d'inaction,
aux croisements inachevés,
les routes de sable
s'étalent à l'horizon
L'immobilisme béat
dans une oasis nous accueille
comme une bête repue et heureuse
qui prête le flanc et s'abandonne. |
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Les statues patientent comme un aimant,
Attirées par le mouvement,
Le long d'un chemin de terre rouge,
Leurs cils bougent et espèrent l'impossible retour.
La fraîcheur murmure des vagues au loin,
Leurs yeux respirent l'alléchante vibration,
Se plissent en ossatures de diamant,
Sur les escaliers de pierres,
Battement de ciel,
A quelques pas de la mer. |
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Dans la roue asymétrique
Plane l'amour
Et son champ de tiède désertion,
Des caresses effacées
Qui disparaissent dans l'écorce
Et abandonnent la peur |
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Assis à ne rien faire
A attendre que dans le présent,
S'ouvre un gouffre,
Une brèche, une fente
Humide et bienfaitrice |
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Comme des pierres affalées,
Dans le bruit, la poussière et l'oubli,
La masse en apesanteur,
Retombe atone,
Muette et droite,
Silencieuse dans l'étendue.
La face lisse
Plantée là depuis toujours,
Portée sur la terre, sur la pluie,
Posée et absorbée,
Se fonde et se reforme. |
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Longue colonne aux bras éoliens
Aux épaules de chair
Reine au dos voûté,
Longue tête aux yeux fermés,
Aérienne et céleste
Sur son socle d'argile,
Dans son cycle d'air. |
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La neige tombe,
Orange et moisie.
Elle tire sa révérence,
En s'étalant,
compacte et malléable
Là où les rues parfumées
Noires dans le vent
Attendent et regardent
Tièdes et molles
La course du temps
Qui s'envenime
Se rallonge
Et se désaccorde
Pour finalement s'enfuir
Dans le soleil
Là où les plantes transpirent.
Couchée sur le flanc,
Sur la pierre,
Elle patiente et s'étend
Dans le corps allongé
Des fruits du rivage
Que les vagues abandonnent
Jusqu'au bord du visage |
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L e r é v e r b è r e ,
R e f l e t a c e r b e
D e s n u i t s a c i d e s ,
Re g a r d h a g a r d
D e s t e r r e s a r i d e s
U n e b ê t e à n o m b r i l,
U n e t e r r e d e p e a u x ,
U n e t ê t e d e r e p t i l e ,
D e c h a i r e t d ' e a u |
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Traversé par le feu chimique du doute, le noir aléatoire est une bête aux dents rappeuses.
Dans le temple de la contemplation, le temps s'arrête, enfle, gras et net
Les poissons sans visage
Attendent le vent
Dans les univers de lierre
Entre les colonnes de marbre
Dans le silence et la fibre
Les poissons aux rivages
S'amoncellent et s'unissent |
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Le long des hordes
distancé par le silence
écartés par le bruit
l'aquaplaning de la nuit
s'étale
et trace en file indienne
des cercles concentriques
des gouttes et des aspirations
condensés en un son,
Rond et opaque |
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Longue anémone aux bras élancés,
vers le cœur de toute chose,
Longue tête aux yeux fatigués
à la frontière d'invisibles cascades,
Les mains étranges caressent
et calment le corps des rivières.
Alanguis et patients,
Le temps d'un décor,
dans le désert des pensées,
où le sable transpire
et attire la pierre,
Les songes s'étalent en longues terres |
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La poussière accumulée
S'élance et apparaît
Dans le vide mou et béat
Dans le ventre humide et las
La poussière accumulée
Se propage et parachève
la lente danse
D'une main qui se hasarde
à la croisée des chemins,
Des routes qui se dressent
dans le sable de cendre
Des serpents qui se lèvent,
s'évaporent pour se rendre |
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Au-delà des jours, un oiseau virevolte,
lambeau de révolte en mouvement,
émouvante seconde de chair et de sang.
Cette onde serrée s'évapore,
comme si tout était dit, pensé, maché,
ruminé et craché dans le cœur des plaines.
Là où les rats morts, décontenancés
Dansent tenaces, puis s'amassent. |
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Verdun la belle, cible et ris, ris et tue,
Erre dans les songes, ronge, amère.
L'hystérie des pierres d'ongles amenées loin là bas,
Au pied des arbres fruitiers,
Là où les ciels verdâtres des tranchées deviennent des ombres. |
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